On dirait que les souverains de notre temps ne cherchent qu'à faire avec les hommes des choses grandes. Je voudrais qu'ils songeassent un peu plus à faire de grands hommes ; qu'ils
attachassent moins de prix à l'oeuvre et plus à l'ouvrier, et qu'ils se souvinssent sans cesse qu'une nation ne peut rester lontemps forte quand chaque homme y est individuellement faible, et
qu'on n'a pas encore trouvé de formes sociales ni de combinaisons politiques qui puissent faire un peuple énergique en le composant de citoyens pusillanimes et mous.
A. de Tocqueville. De la Démocratie en Amérique.
Je proposerai, en 1986, un projet de loi européenne sur la libération des mouvements de capitaux.
J. Delors. Mémoires.
C'est de la libération des mouvements de capitaux que date le déséquilibre désormais écrasant, en Europe, entre le travail et la capital ; celui-ci peut désormais circuler à la vitesse de la lumière ; celui-là reste prisonnier du local. Les capitaux, à l'affût de taux de rentabilité toujours plus élevés, vont peu à peu dicter leur loi. C'est dans ce choix initial que s'enracine le vaste déménagement des industries traditionnelles des pays à hauts salaires vers les pays à bas coûts, auquel nous assistons aujourd'hui. Bien sûr, d'autres choix y contribuent : d'abord la poursuite du désarmenent tarifaire et contingentaire, ensuite l'entrée de la Chine dans l'OMC, sans qu'ait été négociée en parallèle ni clause environnementale ni clause sociale, enfin, surtout, l'imposition à l'économie européenne d'un carcan déflationniste à travers la négociation des règles de la monnaie unique.
Jean-Pierre Chevènement. La Faute de M. Monnet.
C'est ce qui m'arrive aujourd'hui. On n'arrête pas les barbares. Ni la sottise. Ni le fanatisme imbécile. C'est une tautologie. Le fanatisme est toujours imbécile.
J'ai découvert par hasard qu'un groupe facebook, constitué depuis moins d'une semaine, d'environ 160 membres, s'était donné pour "mission" de me faire "virer" du lycée où j'enseigne, sous prétexte que je serais "prof anti arabe, prof anti islam".
Il y a dans le groupe quelques lycéens de mon établissement, et nombre d'autres appartenant à d'autres lycées, à la fac ou sans appartenance revendiquée.
Le moins que l'on puisse dire est qu'ils ont encore beaucoup à apprendre en argumentation puisque la leur se résume à avoir mis sur leur mur facebook trois de mes videos et à vitupérer en me tutoyant parce que j'oserais parler de l'islam que je ne connaîtrais pas !!!
C'est un peu court, jeunes gens. Vous êtes triplement en faute.
Vous me diffamez publiquement en prétendant que je suis "prof anti arabe". Ce qui sous-entendrait deux choses : que, dans l'exercice de mes fonctions, je fais de la discrimination et que, d'une manière générale, je suis raciste. C'est une grave diffamation parce que le racisme est un délit. Or, je suis sereine, non seulement je n'ai jamais été raciste (je hais le racisme) dans l'exercice de mes fonctions, mais aucun de mes textes ni de mes videos ne peut être taxé de raciste. D'ailleurs j'ai publié à peu près sept cents articles sur Internet, il n'y a jamais eu de plainte contre moi pour racisme.
Vous faites, de la même façon, un amalgame stupide entre "prof" et "anti-islam" alors que je ne parle jamais de l'islam dans mes cours. Par ailleurs, que je puisse critiquer, dans ma vie privée, l'islam, n'est pas un délit, c'est de la simple liberté d'expression : il n'y a pas, en France de délit de blasphème (bien que certains le souhaitent) et chacun est libre de critiquer une religion ou un système politique. Je n'ai jamais critiqué les croyants, je respecte leur foi, et je vous renvoie à mon article sur la distinction entre musulmanophobie et islamophobie
S'il faut "virer" tous ceux qui critiquent les religions, leurs excès et ceux de leurs dévots, ceux qui considèrent qu'en prônant le port du voile l'islam met en cause l'égalité homme-femme, ou que le pape en interdisant le préservatif met en danger la vie d'autrui, alors il faut "virer" Montaigne, Rabelais, Voltaire, Molière, Zola etc. des programmes de lycée !
Ce qui est tragique, c'est que c'est, forcément l'étape suivante. Des autodafés. Des sorciers à brûler sur le bûcher de l'intolérance.
Car ne nous y trompons pas, derrière cette haine envers moi, il y a un règlement de compte avec la culture. Parce que je
suis professeur. On sent, dans les commentaires postés sur le mur, ce besoin d'enfoncer celui qui détient un savoir, comme si cela permettait une revanche de l'inculte sur celui qui sait. Et peu
importe à ceux qui crachent sur les profs que ceux-ci aient, simplement, travaillé, saisi la chance de l'école pour échapper à la pauvreté et à une vie difficile.
J'ai envie de dire que nous tous qui luttons contre le fanatisme et l'endoctrinement, nous nous battons, au fond, surtout, pour la culture. Pour que ces sauvageons se mettent à réfléchir et à comprendre que vivre en société ce n'est pas imposer la peur à l'autre, la peur de l'autre, ce n'est pas imposer la violence, ce n'est pas imposer SA loi. Et pour cela, il faut, encore et toujours, lire Voltaire ou Molière. Pour apprendre la liberté d'esprit. Pour apprendre à penser. Il faut, encore et toujours, lire Ronsard ou Rimbaud. Pour connaître la beauté. Pour comprendre que cette culture qu'incarnent les profs c'est le sésame pour accéder à l'humanité.
Encore faut-il le vouloir.
J'ai déposé plainte, bien sûr. Je ne me laisserai ni faire ni intimider par ceux qui, au lieu d'ouvrir leurs propres blogs pour défendre leurs idées, ou de poster des commentaires pour argumenter, pour discuter de leur/ma vision de l'islam n'ont que vindicte, insulte et menaces à la bouche.
Je ne répondrai pas à la barbarie par le silence. Je continuerai de dire ce que je pense.
Les méthodes utilisées prouvent, s'il en était besoin, que mon combat est juste, que tous ceux qui, comme moi, combattent contre ceux qui veulent imposer, partout, dans la société civile, leur religion, leurs règles, leur intolérance, leur violence se battent pour la liberté de tous, pour le droit de penser, pour le droit de parler, pour le droit de lire, pour le droit d'être ou ne pas être croyant, pour le droit d'avoir ou de ne pas avoir de religion. Pour le droit d'être, tout simplement.
Commentaires Récents