Dimanche 6 septembre 2009
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On se souvient de la video qui circule sur Internet à laquelle j'ai consacré un post la semaine dernière. Les auteurs prétendaient que l'insécurité y était une
invention de la droite, brandie pour détourner des vrais problèmes. Les faits, hélas, prouvent au contraire que de plus en plus souvent le quotidien des Français est assombri par le stress des
incivilités et la peur de l'agression.
Je dînais hier soir avec des amis habitant depuis longtemps dans la petite ville de province, tranquille jusqu'à présent, où je viens de m'installer, et j'ai eu la surprise d'entendre l'une des
convives, femme dynamique, qui n'a pas froid aux yeux, femme de gauche au demeurant, par héritage familial et conviction, dire qu'elle n'irait plus au centre ville les mercredis et samedis
après-midi à cause des bandes d'adolescents agressifs qui tiennent le trottoir, obligent les autres passants à marcher sur la route et les effleurent de leurs crachats... Elle ajouta que la
tentation était forte de ruer dans les brancards, mais qu'elle ne s'y hasardait pas, tant le phénomène de bande et la lâcheté qu'elle induisait chez les autres passants lui faisaient
peur... et pourtant elle avait su, au cours de sa vie professionnelle, dompter un certain nombre d'adolescents "en difficulté" comme on dit pudiquement...
Dans un autre registre, on a pu lire, fin août, la lettre ouverte du député-maire de
Cavaillon à M. Alliot-Marie et B. Hortefeux qui évoque une réalité quotidienne invivable et insupportable pour ses concitoyens mais aussi pour les finances publiques : incendie de voitures,
incivilités, trafic de stupéfiants, dégradation de mobilier urbain...
Non, on ne peut plus dire qu'il n'y a de problèmes que dans les ghettos , les banlieues de Paris, Lyon ou Marseille. C'est toute la France qui ne s'y retrouve plus, et c'est toute la France qui,
comme le maire de Cavaillon, commence à se poser la question de milices privées.
Le mot fait peur, mais quand le service public ne joue pas son rôle, comment ne pas applaudir l'initiative des commerçants de Royan qui, rançonnés, ont fini par organiser une opération punitive cet été ?
Que veulent donc nos gouvernants ? Faire des économies en laissant à la libre initiative de chacun le soin de faire sa propre justice et de payer pour sa sécurité ? On n'ose pas le croire, tant
ce serait monstrueux, l'histoire nous a trop montré de cas où ces milices privées pouvaient devenir des bandes dangereuses capables de faire régner la terreur pour qui n'accepterait pas leurs
desiderata. Alors quoi ??? On peut supposer que nos élites politiques, dépassées par le résultat de trente années de compassionnel, de culpabilité gauchisante et d'absence d'exigences éducatives
ne savent pas, ne savent plus retourner la situation, craignant plus que tout les émeutes qui éclatent déjà, pourtant, pour un oui ou pour un non, ou plutôt dès qu'il s'agit d'appliquer la loi ou
même simplement vérifier qu'elle est appliquée. C'est ainsi que les policiers qui contrôlent les papiers d'un automobiliste ou d'un possesseur de scooter se font caillasser... pour ne pas parler
des réactions lorsqu'un policier en état de légitime défense tue un délinquant qui lui tirait dessus ...
Que croient-ils, nos dirigeants ? Qu'à faire l'autruche le danger va s'évaporer tout seul ? Bien évidemment, c'est le contraire qui se passe, et nous allons, peu à peu, vers une société
moyennageuse, où partout régnera le rapport de force, en attendant, peut-être, une guerre civile. Qui est assez irresponsable pour la souhaiter et faire ce qu'il faut pour qu'elle explose ?
Par Christine Tasin
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Publié dans : VIE QUOTIDIENNE
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Extrait :
"La société de surveillance n’est pas folle. Si le ressort même de la société de surveillance est l’insécurité, pourquoi la société de surveillance la combattrait-elle ? Ce que craignent les dirigeants, leur véritable hantise en fait, ce n’est pas l’insécurité, ce sont les réactions éventuelles des personnes face à l’insécurité. Car là, ils ne plaisantent pas. Les lois en la matière sont appliquées dans toute leur rigueur. C’est le seul domaine où elles le sont, mais là elles le sont. Le moindre écart dans ce domaine se paye au prix fort. La législation sur le port d’armes et l’acquisition d’armes à feu est également devenue très restrictive. La conséquence en est que les actes de légitime défense, à plus forte raison encore d’autodéfense, se font aujourd’hui de plus en plus rares, il y a trois ans, une lycéenne de 15 ans, bonne élève et sans histoire, tua son agresseur, un individu « bien connu des services de police », en lui plantant un coup de couteau. Le procureur la fit aussitôt incarcérer. « Face à un acte aussi grave, il était difficile de ne pas marquer le coup », déclara-t-il. Effectivement, c’est exceptionnel. En règle générale, les victimes préfèrent ne pas se défendre. C’est ce que voulait dire le procureur."
Ce qui a été très bien théorisé par Sam Francis sous le nom d'Anarcho-Tyrannie : "Nous refusons de contrôler les véritables criminels — volet anarchique — et nous nous rabattons sur les innocents — volet tyrannique." (voir la traduction française de Wikipedia ici : http://www.fdesouche.com/articles/4404)
Dans un monde où l'on a paradoxalement de moins en moins de contrôle sur sa vie, l'anarcho-tyrannie est un excellent moyen pour les Politiques d'augmenter leur pouvoir.
"La fonction actuelle de la police n’est pas de combattre l’insécurité; elle est, ce qui est différent, de contrôler et de surveiller les personnes. Pas seulement certaines personnes, comme le prétendent les dirigeants (délinquants, criminels, terroristes, etc.), mais toutes. C’est ce qu’on veut dire lorsqu’on parle de société de surveillance. La société de surveillance est à elle-même sa propre fin. Ou si l’on préfère, sa finalité propre c’est le pouvoir. Or, sur ce plan-là, elle est très efficace. En tant que société de surveillance, elle fonctionne, on peut le dire, plutôt bien. L’accroissement des chiffres de la criminalité n’y change rien, pas plus que la multiplication, elle aussi bien documentée, des zones de non-droit. Même si le territoire tout entier se transformait en zone de non-droit, la société de surveillance n’en continuerait pas moins à fonctionner. La police sait d’ailleurs fort bien ce qui se passe dans les zones de non-droit (qui fait quoi, quand, comment, etc.). Mais elle n’intervient pas.
En ce sens, effectivement, l’insécurité n’est qu’un prétexte. On ne développe pas la société de surveillance pour lutter contre l’insécurité, on utilise au contraire l’insécurité comme prétexte pour justifier la société de surveillance. Car c’est un bon prétexte. Au nom de la lutte contre l’insécurité, les gens sont prêts à avaler pas mal de choses".
Mon hypothèse est que cette évolution s'explique par la "perte" de contrôle : si d'un coté on a maintenant un niveau de contrôle sur notre environnement qui dépasse les rêves les plus fous des générations antérieures (ex: l'ordinateur, la lumière, le chauffage, la clim, la médecine, les avions, etc. etc.) notre perception nous fait sentir encore plus fortement les manques de contrôles (on utilise en permanence des outils qu'on ne comprend pas et serait incapable de reconstruire, la télé en montrant le monde nous place en compétition avec pas seulement les habitants du village mais le monde entier (pire encore : une vision caricaturée du monde entier), etc.).
David Geary (voir http://www.evopsy.com) synthétisait en disant que nous ne sommes pas directement programmés pour survivre et se reproduire, mais pour "contrôler les ressources qui permettent la survie et la reproduction". La technologie nous offre à la fois beaucoup plus de ce contrôle et beaucoup plus de la peur d'en manquer. Il semble donc logique que ceux qui le peuvent vont chercher par tous les moyens à imposer leur contrôle avec les outils technologiques modernes. L'Anarcho-Tyrannie est une excellente trouvaille.
J'ai une foultitude d'exemples de violences inouies que nous subissons en toute légalité puisqu'il n'y a ni poursuites ni condamnations.
@ Céline : merci pour ce témoignage qui fait froid dans le dos. On a l'impression à vous lire que le racisme et l'homophobie ne sont pas poursuivis quand ils viennent de musulmans, pourquoi ???
Extrait de "La guerre des paysans en Allemagne" de Friedrich Engels
Mais pourrait-on se poser la question: comment en est-on attivé jusque là?
Peut-être trouverions-nous une ou des solutions.
Comment nait la violence? Qu'elles sont les éléments qui l'initie? Le chômage? le fait de ghettiser des gens dans des lieux où on les entasse? Parce que les parents démissionnent de leur obligation d'éducation? Par l'explosion du nombre de familles monoparentales?
Qu'on fait nos politiques depuis tant d'années pour éviter ces problèmes? les contenir et maintenant les éradiquer?
Ya du boulot, et à ce propos si on remettait tout le monde au travail!
L'obscurantisme écologiste est en phase avec cet ensauvagement. "La nature est bien faite et fait bien les choses". A rapprocher d'un discours que l'on retrouve, entre autres, dans certains documentaires animaliers qui nous présentent les prédateurs comme d'indispensables éboueurs qui débarrassent la nature des faibles et des malades. Nous retrouvons la même idéologie chez des partisans de l'immigration clandestine qui affirment que ça sélectionne les plus forts.
Baudelaire avait raison : "La nature c'est le meurtre, les lois c'est la civilisation".
Bonne rentrée Christine, content de te lire de nouveaux.